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Le Goncourt 2010 est attribué …

8 Nov

sans surprise à Michel Houellebecq pour son roman « La Carte et le territoire » (Flammarion)

 

Les onze jurés l’ont choisi au premier tour par sept voix contre deux.

 

L’auteur a déclaré à la presse : « Je suis très content, je pense que c’était nécessaire dans ma vie », « Tous les gens qui vont découvrir mes livres grâce à ce prix, j’espère que je les décevrai pas, qu’il seront contents, que ça les incitera à lire », « C’est souvent les gens qui lisent au départ peu qui achètent le Goncourt », « En tout cas, c’est une très bonne chose ».

 

 

Rappel du résumé du livre :

 

La Carte et le Territoire : Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman, devait vous en raconter l’histoire, il commencerait peut-être par vous parler d’une panne de chauffe-eau, un certain 15 décembre. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passa seul de nombreux réveillons de Noël.
Il évoquerait certainement Olga, une très jolie Russe rencontrée au début de sa carrière, lors d’une première exposition de son travail photographique à partir de cartes routières Michelin. C’était avant que le succès mondial n’arrive avec la série des « métiers », ces portraits de personnalités de tous milieux (dont l’écrivain Michel Houellebecq), saisis dans l’exercice de leur profession.
Il devrait dire aussi comment il aida le commissaire Jasselin à élucider une atroce affaire criminelle, dont la terrifiante mise en scène marqua durablement les équipes de police.
Sur la fin de sa vie il accédera à une certaine sérénité, et n’émettra plus que des murmures.
L’art, l’argent, l’amour, le rapport au père, la mort, le travail, la France devenue un paradis touristique sont quelques-uns des thèmes de ce roman, résolument classique et ouvertement moderne.

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Goncourt 2010

9 Sep

Voici les quatorze livres sélectionnés pour le Goncourt 2010 qui sera remis le 8 novembre.

Le Cœur régulier : Depuis la mort de Nathan, ce frère qu’elle a tant aimé, Sarah se sent de plus en plus étrangère à sa propre vie. Dans l’espoir de se rapprocher une dernière fois de son frère, elle se réfugie au Japon, dans un petit village au pied des falaises, où Nathan prétendait avoir trouvé la paix auprès d’un certain Natsume. Mais en revisitant les lieux d’élection de ce frère disparu, c’est sa propre histoire que Sarah va redécouvrir, à ses risques et périls..
Olivier Adam , L’Olivier

Le Premier Mot : ‘Le Premier Mot’ est avant tout l’histoire d’un homme, Miltiadis, né en Grèce et professeur de littérature comparée à Paris, qui aimerait connaître ce mot. Hélas, il meurt avant de l’avoir découvert. C’est sa soeur, une femme d’une soixantaine d’années, qui se chargera d’élucider l’énigme. Elle rencontrera des scientifiques de tous bords, qui lui parleront du cerveau humain, du langage des bébés, des chimpanzés et de l’Homo sapiens, de Darwin et des créationnistes, de Rousseau et d’un roi d’Égypte qui avait fait élever ses enfants loin du monde pour voir dans quelle langue ils s’exprimeraient spontanément.
Vassilis Alexakis, Stock

Retour aux mots sauvages : Notre personnage principal est un téléopérateur parmi tant d’autres, dans une entreprise comme il y en a de plus en plus. Vous ne verrez jamais son visage. Vous ne connaîtrez même pas son prénom puisque l’entreprise qui l’emploie lui en a donné un autre. Il est celui qui finit par vous répondre une fois que vous avez appuyé successivement sur la touche étoile, trois, six, dièse puis de nouveau étoile. ‘Éric à votre service . ‘Éric ? Inutile de vous en souvenir. Lors de votre prochain appel, vous tomberez sur quelqu’un d’autre. John, George, Paul ou Ringo. Peu importe. En revanche, vous aurez droit aux mêmes réponses. Elles apparaissent au téléopérateur sur un écran d’ordinateur, classées par thèmes. Mais alors qu’une série de suicides dans l’entreprise rappelle douloureusement que les employés ne sont pas des machines, Éric décide un jour de transgresser les consignes : il rappelle un client de sa propre initiative..
Thierry Beinstingel, Fayard

Antoine et Isabelle : L’auteur relate dans ce roman l’histoire de ses grands-parents Antonio et Isabel qui se sont rencontrés en 1925 à Barcelone. A travers un récit chronologique, il retrace les moments importants de leurs vies, influencées par les événements  marquants de l’Histoire du XXème siècle, notamment la guerre d’Espagne qui eut pour conséquence leur installation en France et la déportation d’Antonio à Mauthausen en 1943. Mais la saga familiale est aussi mise en parallèle avec l’histoire d’une famille d’industriels lyonnais, les Gillet.
Vincent Borel  Sabine Wespieser

Apocalypse bébé : Valentine Galtan, adolescente énigmatique et difficile, a disparu. La narratrice, Lucie, anti-héroïne trentenaire, détective privée sans conviction ni talent, engagée par la grand-mère de Valentine pour surveiller ses faits et gestes, l’a perdue sur un quai de métro parisien. Comment la retrouver ? Que faire des édifiantes photos de Valentine qui la montrent si expérimentée avec les garçons ? Aurait-elle rejoint à Barcelone cette mère qu’elle n’a jamais connue ?
Le mieux pour Lucie serait de faire équipe avec la Hyène, une ‘privée ‘aux méthodes radicales, une femme puissante, au corps souple plein d’une violence qui s’exprime par saccades : moyennant finances et aussi par amusement, La Hyène accepte le marché. Voici les collègues mal appariées, l’une lesbienne volcanique, l’autre hétéro à basse fréquence qui traversent la France et l’Espagne jusqu’à Barcelone à la recherche de la petite fugueuse.
 Virginie Despentes,  Grasset

L’Insomnie des étoiles : Automne 1945, alors que les Alliés se sont entendus pour occuper Berlin et le reste de l’Allemagne, une compagnie de militaires français emmenée par le capitaine Louyre investit le sud du pays. En approchant de la ville où ils doivent prendre leurs quartiers, une ferme isolée attire leur attention. Les soldats y font une double découverte : une adolescente hirsute, qui vit là seule comme une sauvage, et le corps calciné d’un homme. Incapable de fournir une explication sur les raisons de son abandon et la présence de ce cadavre, la jeune fille est mise aux arrêts. Contre l’avis de sa hiérarchie, le capitaine Louyre va s’acharner à connaître la vérité sur cette affaire mineure, au regard des désastres de la guerre, car il pressent qu’elle lui révèlera un secret autrement plus capital.
Il ne se trompe pas : au fil de son enquête, il va découvrir une autre « solution finale », antérieure à la Shoah, et qui en est à la fois le prologue et la répétition générale. À savoir l’extermination par les procédés les plus barbares des malades mentaux – et de tout individu classé comme tel, car considéré comme « inadapté » au régime nazi.
 Marc Dugain, Gallimard

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants : 13 mai 1506, un certain Michelangelo Buonarotti débarque à Constantinople. A Rome, il a laissé en plan le tombeau qu’il dessine pour Jules II, le pape guerrier et mauvais payeur. Il répond à l’invitation du Sultan qui veut lui confier la conception d’un pont sur la Corne d’Or, projet retiré à Leonardo da Vinci. Urgence de la commande, tourbillon des rencontres, séductions et dangers de l’étrangeté byzantine, Michel Ange, l’homme de la Renaissance, esquisse avec l’Orient un sublime rendez-vous manqué.
 Mathias Enard,  Actes Sud

La Carte et le Territoire : Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman, devait vous en raconter l’histoire, il commencerait peut-être par vous parler d’une panne de chauffe-eau, un certain 15 décembre. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passa seul de nombreux réveillons de Noël.
Il évoquerait certainement Olga, une très jolie Russe rencontrée au début de sa carrière, lors d’une première exposition de son travail photographique à partir de cartes routières Michelin. C’était avant que le succès mondial n’arrive avec la série des « métiers », ces portraits de personnalités de tous milieux (dont l’écrivain Michel Houellebecq), saisis dans l’exercice de leur profession.
Il devrait dire aussi comment il aida le commissaire Jasselin à élucider une atroce affaire criminelle, dont la terrifiante mise en scène marqua durablement les équipes de police.
Sur la fin de sa vie il accédera à une certaine sérénité, et n’émettra plus que des murmures.
L’art, l’argent, l’amour, le rapport au père, la mort, le travail, la France devenue un paradis touristique sont quelques-uns des thèmes de ce roman, résolument classique et ouvertement moderne.
 Michel Houellebecq, Flammarion

Naissance d’un pont : « À l’aube du second jour, quand soudain les buildings de Coca montent, perpendiculaires à la surface du fleuve, c’est un autre homme qui sort des bois, c’est un homme hors de lui, c’est un meurtrier en puissance. Le soleil se lève, il ricoche contre les façades de verre et d’acier, irise les nappes d’hydrocarbures moirées arc-en-ciel qui auréolent les eaux, et les plaques de métal taillées en triangle qui festonnent le bordé de la pirogue, rutilant dans la lumière, dessinent une mâchoire ouverte. »
 Maylis de Kerangal,  Verticales

La vie est brève et le désir sans fin : La vie est brève et le désir sans fin est un livre sur les affres de l’amour, vues du point de vue masculin. Il met en scène deux hommes, l’un marié, à Paris, l’autre pas, à Londres, tous les deux amoureux de la même femme, assez énigmatique, et qui va de l’un à l’autre. Il y a celui qui hésite, et celui qui attend, tous les deux souffrent.
Comment choisir ? Qui choisir ? Ce roman est l’histoire d’une inépuisable et inéluctable souffrance amoureuse plus forte que tout. Et elle est racontée de l’inimitable manière qu’à Patrick Lapeyre de la vie comme elle ne va pas. Petites touches d’une acuité et d’une intelligence qui laissent confondu.
Événements apparemment anodins qui ne le sont en fait pas du tout. Poétique de la métaphore, métaphores tellement inattendues et qui sont en réalité rien moins, une à une et peu à peu, qu’une pensée du monde. Humour profondément lucide et humain, généreux. D’où vient, lisant ce livre d’une insondable mélancolie que l’on ne puisse faire autrement que sourire, constamment sourire. Peut-être du bonheur d’avoir été reconnu ?
 Patrick Lapeyre,  P.O.L

Une année chez les Français : C’est en 1970 que le ciel tombe sur la tête du petit Mehdi. Ébloui par l’intelligence et la boulimie de lecture de son jeune élève, son instituteur s’est battu pour lui obtenir une bourse dans le prestigieux lycée Lyautey de Casablanca, réservé aux enfants des hauts fonctionnaires français et des familles les plus influentes du régime marocain. Pauvre, libre, heureux, Mehdi a passé ses dix premières années au pied de l’Atlas. Il n’envisageait rien d’autre que de continuer à jouir de l’existence. Du jour où son oncle l’abandonne à l’entrée du lycée, la découverte du mode de vie des Français est pour lui un véritable choc culturel. Entre « Le Petit Chose » et « Le Petit Nicolas », l’histoire émouvante et cocasse d’un enfant propulsé dans un univers aux antipodes de celui de sa famille.
 Fouad Laroui,  Julliard

Une forme de vie : Quotidiennement sollicitée par du courrier de ses lecteurs, Amélie va un jour tomber sur une lettre inattendue… Un G.I coincé en Irak l’appelle au secours pour tenter de survivre dans cette drôle de guerre. Pour se rebeller, ce white trash se goinfre de junk-food, arborant sa graisse comme une amoureuse enveloppante. Mue par son instinct de Saint-Bernard, l’écrivain lui répond en lui parlant de body-art. S’ensuit une relation épistolaire étrange…
 Amélie Nothomb,  Albin Michel

Le Testament d’Olympe : « Nous sommes au milieu du XVIIIe siècle, pendant la désastreuse Guerre de sept ans, sous le règne de Louis XV. Deux soeurs, Apolline et Ursule, sont les héroïnes de ce récit. Elles sont nées à Bordeaux, dans un milieu très religieux. Le père, adepte de la Providence, s´adonne avec délice au bonheur de ne rien faire. La mère est en prières. La famille s´enfonce dans la misère. Ce dont Apolline s´aperçoit à peine, tandis que sa soeur aînée, animée par l´ambition et l´esprit de liberté, n´a qu´une envie : s´enfuir. Les soeurs se perdent de vue. Apolline est mise dans un couvent, puis devient préceptrice dans un château. Elle en sort pour retrouver sa soeur mourante, et découvrir, à travers un manuscrit, le récit de ses aventures. Ursule, rebaptisée Olympe, a réussi à se faire emmener à Paris par le duc de Richelieu, le superbe gouverneur d´Aquitaine. Elle rêve de faire carrière au théâtre, mais Richelieu l´offre à Louis XV, qui l´installe à Versailles dans sa petite maison du Parc-aux-Cerfs. Un brillant destin s´ouvre à elle… Comme Les Adieux à la Reine, ce roman est le fruit d´une alchimie entre érudition et fantaisie. On plonge dans une époque, ses couleurs, ses odeurs, ses rites, et dans un monde dominé par l´étrange duo que forment le duc de Richelieu, le plus célèbre libertin de son siècle, et le roi Louis XV, habité par le goût de la mort, le désir des femmes, et le sens du péché. »
 Chantal Thomas, Seuil

Six mois, six jours : En Allemagne de nos jours. Juliana Kant, première fortune allemande, femme froide, retenue, secrète, mariée, a une aventure amoureuse avec un homme qui a tout du prédateur sexuel, Herb Braun. Au bout de quelques mois, d’un hôtel l’autre, d’un rendez-vous clandestin l’autre, l’homme menace de révéler à la presse leur liaison : tous leurs ébats ont été filmés. La milliardaire dénonce le gigolo. On l’emprisonne, la morale est presque sauve, l’argent bien gardé.
Une affaire de mœurs ? Une coucherie prosaïque qui tourne au chantage sordide ? Karine Tuil, dans son roman le plus puissant, le mieux construit, dévoile l’arrière-monde de cette liaison à risques : qui est à l’origine d’une telle fortune allemande ? Pourquoi le grand-père de Juliana, premier mari de Magda Goebbels et nazi notoire, n’a t-il pas été arrêté à la Libération ? Sait-on que le père d’adoption de Magda était un juif qu’elle a renié puis effacé de sa mémoire ? Pourquoi les Kant n’ont-ils jamais autorisé une enquête sur leurs activités industrielles sous le Reich ? Le père de Braun est-il vraiment un ancien déporté du camp de Stöcken, ou est-ce un leurre ? Son fils l’a-t-il vengé en humiliant sexuellement la jolie bête blonde ? Qui est vraiment Herb Braun ? Que veut-il ? Les fils sont-ils responsables des fautes des pères ?
 Karine Tuil,  Grasset


source : le monde, fnac, evene, wikipédia